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Immobilier : ce qu’il faut retenir du mois d’août 2026

Marché de l’ancien, crédit, logement neuf, DPE et rénovation énergétique : le mois d’août 2026 a livré plusieurs signaux importants pour le secteur immobilier. Entre stabilisation des transactions, légère tension sur le financement et nouvelles évolutions réglementaires, la rentrée s’annonce sélective pour les vendeurs comme pour les acquéreurs.

Le marché immobilier français continue de chercher son point d’équilibre. Après plusieurs années marquées par une forte hausse des taux, une baisse du nombre de transactions puis un retour progressif des acheteurs, l’été 2026 confirme une tendance plus nuancée : l’activité résiste, mais les ménages restent prudents.

Pour les professionnels, cela signifie un marché qui demande davantage d’accompagnement, d’estimations réalistes et de pédagogie. Pour les particuliers, les opportunités existent toujours, à condition de bien préparer son financement et de tenir compte de la qualité énergétique des logements.

L’immobilier ancien résiste, mais la reprise ralentit

Les chiffres disponibles pendant l’été montrent que le marché de l’ancien s’est nettement redressé par rapport à la période de fort ralentissement de 2023-2024.

À fin mai 2026, les Notaires de France comptabilisaient environ 949 000 transactions de logements anciens sur douze mois, soit une progression de 5,7 % sur un an. Cependant, le rythme de progression ralentit nettement : il était encore supérieur à 11 % sur un an à la fin du mois de février. csn.notaires.fr

Le message est donc assez clair : les acheteurs sont revenus sur le marché, mais ils restent exigeants et prennent davantage de temps avant de s’engager.

Les critères de choix portent notamment sur le prix, l’état général du logement, la performance énergétique, le coût des éventuels travaux et la capacité de financement.

Pour les vendeurs, la période où il suffisait d’afficher un bien à un prix élevé en attendant une offre semble donc définitivement derrière nous. La qualité de l’estimation devient plus que jamais déterminante.

Les prix repartent légèrement à la baisse

Les chiffres publiés depuis confirment également ce qui se dessinait pendant le mois d’août.

Au deuxième trimestre 2026, les prix des logements anciens ont diminué de 1 % par rapport au trimestre précédent. Sur un an, la baisse atteint 0,8 %. Insee

Les situations restent toutefois très différentes selon le type de bien.

Les appartements sont pratiquement stables sur un an, avec -0,1 %, tandis que les maisons reculent davantage, avec -1,3 %. Insee

Il ne faut donc pas parler d’un effondrement général des prix, mais plutôt d’un marché devenu très local.

Une maison nécessitant d’importants travaux énergétiques dans un secteur détendu peut subir une forte négociation, tandis qu’un appartement bien situé et correctement classé au DPE peut continuer à se vendre rapidement.

Crédit immobilier : les taux remontent légèrement

Le financement reste l’un des principaux facteurs de décision pour les acquéreurs.

Les dernières données disponibles au moment de la rentrée montrent que le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers hors renégociations est passé de 3,27 % en juin à 3,30 % en juillet 2026. Banque de France

Dans le même temps, la production de nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations est descendue à environ 11 milliards d’euros en juillet, contre 13,2 milliards en juin. Banque de France

Cette évolution illustre parfaitement le contexte du mois d’août : les banques continuent de financer les projets, mais les emprunteurs disposent de moins de marge de manœuvre.

Une différence de quelques dixièmes de point sur un crédit immobilier peut représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée totale du prêt.

Pour un acquéreur, la préparation du dossier de financement redevient donc essentielle : apport personnel, taux d’endettement, stabilité professionnelle et reste à vivre sont scrutés de près.

Logement neuf : une situation toujours difficile

Le marché du neuf reste l’un des points faibles du secteur immobilier français.

Au deuxième trimestre 2026, 16 112 logements neufs ont été réservés par des particuliers, soit une baisse de 4,8 % par rapport au trimestre précédent. Statistiques du Développement Durable

La baisse concerne aussi bien les appartements que les maisons individuelles.

Dans le même temps, les mises en vente ont progressé de 11,1 %, atteignant 17 499 logements. Statistiques du Développement Durable

Ce décalage entre l’offre nouvelle et la demande confirme les difficultés rencontrées par les promoteurs.

Le coût de la construction, le prix du foncier, les taux de crédit et la disparition de certains dispositifs d’investissement ont profondément modifié l’équilibre économique du logement neuf.

Les autorisations de construire étaient également en baisse de 2,5 % en juillet, avec 29 577 logements autorisés. Statistiques du Développement Durable

DPE : une décision importante prise en août

Le mois d’août a également été marqué par une évolution importante concernant le diagnostic de performance énergétique.

Un arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel le 26 août, prévoit une nouvelle modification du coefficient utilisé pour convertir la consommation d’électricité en énergie primaire dans le calcul du DPE. Légifrance

À partir du 1er janvier 2027, ce coefficient passera de 1,9 à 1,7.

Cette évolution devrait améliorer le classement énergétique d’un certain nombre de logements chauffés à l’électricité. Service Public

L’enjeu est particulièrement important pour les propriétaires bailleurs.

Les logements classés G sont déjà concernés par des restrictions de mise en location, tandis que les logements classés F seront concernés à partir de 2028. Service Public

Pour certains propriétaires, la nouvelle méthode de calcul pourrait donc modifier sensiblement la valeur locative et commerciale du bien.

MaPrimeRénov’ : plusieurs changements annoncés en août

Autre actualité importante de fin d’été : l’évolution des conditions de MaPrimeRénov’.

À compter du 1er septembre 2026, certains travaux ne sont plus éligibles au parcours par geste, notamment plusieurs équipements de chauffage au bois, certaines pompes à chaleur destinées uniquement à l’eau chaude sanitaire et certains systèmes de ventilation. economie.gouv.fr

Les rénovations d’ampleur évoluent également : dans certaines situations, le maintien d’un chauffage au gaz ou au fioul après travaux empêche désormais l’obtention de l’aide pour une maison individuelle. Service Public

Ces modifications auront forcément un impact sur les décisions des propriétaires concernant les travaux et la rénovation énergétique.

Pour les agents immobiliers, diagnostiqueurs, courtiers et professionnels de la rénovation, la dimension énergétique devient donc encore plus importante dans le conseil apporté aux clients.

Ce qu’il faut retenir pour les vendeurs

Pour les propriétaires souhaitant vendre, le marché d’août 2026 confirme qu’un bien correctement positionné conserve toutes ses chances de trouver acquéreur.

En revanche, une estimation trop élevée peut rapidement rallonger les délais de commercialisation.

Les acheteurs disposent aujourd’hui de nombreux outils pour comparer les prix et négocient plus facilement lorsqu’un bien nécessite des travaux.

Le DPE est également devenu un véritable élément de valorisation ou de décote.

Un logement bien entretenu, correctement classé et affiché au prix du marché bénéficie donc d’un avantage réel.

Ce qu’il faut retenir pour les acheteurs

Pour les acquéreurs, le marché actuel offre davantage de possibilités de négociation qu’il y a quelques années.

Le retour d’une offre plus importante dans certains secteurs permet de prendre davantage de temps pour comparer.

Mais le coût du crédit impose de raisonner sur le budget global et non uniquement sur le prix affiché.

Avant de déposer une offre, il est conseillé de prendre en compte les mensualités du crédit, les travaux éventuels, les charges, la taxe foncière et la performance énergétique du logement.

Et pour les professionnels de l’immobilier ?

Pour les agences immobilières et les mandataires, le marché de 2026 exige davantage d’expertise.

La simple mise en ligne d’une annonce ne suffit plus.

Les professionnels doivent aujourd’hui être capables d’expliquer l’évolution des prix, le financement, les conséquences d’un DPE, la rénovation énergétique et les capacités réelles de négociation.

La qualité du suivi vendeur et acquéreur devient donc un élément déterminant pour transformer les mandats en ventes.

Une rentrée immobilière sous le signe de la prudence

Août 2026 n’aura donc été ni le mois d’un véritable retournement du marché, ni celui d’un effondrement.

Le marché immobilier français semble plutôt entrer dans une phase de normalisation.

Les transactions restent nombreuses, mais les acquéreurs sont plus prudents. Les prix s’ajustent progressivement et les conditions de crédit continuent de peser sur le pouvoir d’achat immobilier.

Dans le même temps, la performance énergétique devient un critère central dans la valeur d’un logement.

Pour les professionnels comme pour les particuliers, cette nouvelle configuration impose une même règle : mieux connaître le marché, mieux préparer son projet et raisonner désormais bien par bien plutôt qu’à partir d’une tendance nationale unique.

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