Après quelques signaux encourageants durant l’été, la rentrée de septembre apporte davantage de prudence dans le secteur du bâtiment.
Le climat des affaires reste stable, mais les entreprises anticipent une baisse de leur activité future, particulièrement dans la construction de logements neufs. La demande demeure fragile et les carnets de commandes peinent encore à retrouver leur niveau habituel.
Le climat des affaires reste bloqué sous la normale
Selon l’Insee, l’indicateur du climat des affaires dans le bâtiment s’établit toujours autour de 96 en septembre 2026.
Cela fait maintenant plusieurs mois que le secteur évolue sous sa moyenne historique de 100. Insee
La situation n’est donc pas catastrophique, mais elle reste clairement dégradée.
Les chefs d’entreprise jugent leur activité passée légèrement meilleure qu’en août, mais leurs anticipations pour les prochains mois se détériorent. Insee
Le logement neuf inquiète à nouveau
C’est probablement le signal le plus important de cette rentrée.
En septembre, le solde d’opinion concernant l’activité prévue dans la construction de logements neufs chute fortement, passant de -15,1 en août à -23,1 en septembre. Insee
Cette évolution montre que les entreprises du bâtiment restent très inquiètes concernant le volume futur des programmes immobiliers.
La remontée des mises en chantier observée pendant l’été ne suffit donc pas encore à rassurer durablement les professionnels.
Le manque de permis, les difficultés de financement des opérations et la faiblesse de la promotion immobilière continuent de peser sur le secteur.
Les carnets de commandes restent insuffisants
Autre indicateur à surveiller : les carnets de commandes.
En septembre, le solde d’opinion des entrepreneurs se replie à nouveau et reste sensiblement sous sa moyenne de long terme. Insee
La demande insuffisante est d’ailleurs citée par 38 % des entreprises comme un obstacle à leur activité. Insee
Le problème principal n’est donc plus uniquement lié aux matériaux ou aux difficultés de recrutement.
Il devient de plus en plus un problème de volume de commandes.
Les prix pourraient repartir à la hausse
Après plusieurs mois de modération, les anticipations de prix progressent également en septembre.
Le solde d’opinion sur les prix prévus remonte à +4, contre +1 en août. Insee
Cela ne signifie pas nécessairement une forte hausse immédiate des devis, mais les entreprises anticipent davantage de pressions sur leurs coûts ou sur leurs prix de vente.
Pour les particuliers préparant un chantier, cela rappelle l’importance de demander des devis précis et de sécuriser les conditions tarifaires suffisamment tôt.
L’emploi apporte un signal un peu plus positif
Tout n’est cependant pas négatif.
L’opinion des entreprises concernant les effectifs prévus continue de progresser en septembre. Le solde atteint +5, contre +2 en août. Insee
Cela montre que les entreprises ne se préparent pas à un effondrement brutal de leur activité.
Les difficultés de recrutement restent d’ailleurs présentes dans certains métiers techniques du bâtiment.
Les électriciens, couvreurs, chauffagistes, plombiers ou spécialistes de la rénovation énergétique restent particulièrement recherchés dans plusieurs régions.
La rénovation ralentit elle aussi
L’entretien et l’amélioration du logement constituent traditionnellement un amortisseur lorsque la construction neuve ralentit.
Mais là encore, septembre apporte un signal de prudence.
Le solde concernant l’activité prévue dans l’entretien-amélioration repasse en territoire négatif, à -2,8, contre +0,6 en août. Insee
Les ménages semblent donc également différer certains travaux, notamment lorsqu’ils ne sont pas considérés comme urgents.
Le coût du financement, les dépenses contraintes et les changements dans les aides à la rénovation peuvent expliquer une partie de cette prudence.
Le bâtiment non résidentiel résiste mieux
La construction d’autres bâtiments neufs — bureaux, locaux professionnels, équipements ou bâtiments industriels — présente une tendance légèrement plus favorable.
Le solde d’opinion sur l’activité prévue remonte fortement en septembre, passant de -16,6 à -10,2. Insee
Le secteur reste négatif, mais l’évolution est moins défavorable que dans le logement.
Cette divergence illustre parfaitement le marché actuel : il n’existe plus une seule tendance du bâtiment, mais plusieurs marchés évoluant à des vitesses différentes.
Septembre 2026 : un secteur qui manque encore de visibilité
Le bâtiment français n’est donc pas reparti dans une véritable phase d’expansion.
La remontée des chantiers observée cet été constitue un élément encourageant, mais les anticipations des professionnels montrent que la reprise reste fragile.
Les entreprises disposent encore d’activité, l’emploi résiste et certains marchés non résidentiels se redressent.
En revanche, le logement neuf reste particulièrement exposé et la rénovation montre elle aussi des signes de ralentissement.
Septembre 2026 confirme ainsi un secteur du bâtiment en transition : les chantiers sont là, mais la visibilité sur les prochains mois reste insuffisante.
Pour les professionnels, 2027 se préparera donc dès maintenant autour de trois enjeux : les permis de construire, la rénovation énergétique et le retour durable de la demande.






