La situation sanitaire a permis aux ménages les plus aisés de mettre, depuis un an, de l’argent de côté, n’ayant plus de poste de dépenses en loisirs, voyages ou achats divers. Une épargne qui représenterait 165 milliards d’euros pour les années 2020 et 2021 réunies, qu’ils envisagent de consacrer, pour la plupart, à un investissement immobilier. Une somme estimée par la Banque de France et plus que conséquente, pour laquelle certains y voient l’opportunité de diminuer le coût de la crise sanitaire en taxant les plus riches et pour d’autres, l’espoir de voir reprendre la consommation et par voie de conséquence, permettre la reprise. Mais qu’en pensent les détenteurs de cette épargne qui pour la plupart privilégient un investissement dans la pierre ?
LES PLUS FORTUNÉS ONT BEAUCOUP ÉPARGNÉ
Un investissement privilégié sur le long terme
Des études récemment réalisées démontrent, que cette épargne semblerait être utilisée, pour sa majeure partie, dans le secteur de l’immobilier. L’ensemble des personnes qui ont été interrogées détentrices d’au moins un produit d’épargne, assurent, pour 25%, avoir plus épargné au cours de l’année écoulée que durant les années antérieures. Une proportion qui affiche 36% pour les cadres. Ce sont, par ailleurs, 35% des personnes interrogées qui affirment que la situation sanitaire et ses conséquences, n’ont pas modifié leur comportement en matière d’épargne. Enfin, parmi les moins aisés, 40% confient n’avoir pu mettre d’argent de côté ou moins que d’ordinaire. Ces chiffres démontrent, s’il en était besoin, que cette épargne COVID est donc essentiellement détenue par les ménages les plus riches.
20% des ménages réunissent 70% de l’épargne de l’hexagone
Le Conseil d’Analyse Économique (CAE) considérait dans une note parue en octobre 2020 que ce sont 20% des ménages qui détiennent 70% de cette épargne supplémentaire, constituée durant la crise sanitaire. Des Français qui figurent parmi ceux dont les revenus atteignent entre 3000 et 4000 euros mensuels, et sont pour 36% de jeunes cadres supérieurs résidant, pour 30% d’entre eux, en Île de France. Ce qui démontre bien que cette épargne COVID n’a été possible que pour les plus aisés, à priori des salariés qui n’ont pas été frappés par la crise et ont eu l’opportunité de se constituer une épargne de précaution.
UNE ÉPARGNE INJECTÉE DANS LE MARCHÉ IMMOBILIER
L’immobilier, un placement favorisé par les plus riches
Parmi les projets envisagés pour cette épargne par leurs propriétaires, il ressort que ce sont 28% des gens qui prévoient de consacrer cet argent pour un achat dans l’immobilier. Ce peut être un investissement ou un logement, certains souhaitant acquérir leur habitation ou déménager. Les utilisations à court terme comme l’achat d’une voiture, un voyage par exemple, concernent 23% des épargnants et 22% préfèrent conserver cette somme économisée pour faire face aux imprévus. Enfin, le financement des études, la préparation de la retraite voire l’investissement dans une assurance vie, sont envisagés par 14% des épargnants du COVID.
Une carte à jouer pour les villes de taille moyenne
Il est probable que ces épargnants, possèdent d’ores et déjà leur habitation principale et envisagent l’acquisition d’une résidence secondaire ou un bien qu’ils souhaitent proposer à la location. Dans le cas où cette tendance se confirme dans l’avenir, les villes moyennes ont une opportunité à saisir. Des petites métropoles aujourd’hui très convoitées, qui pourraient y voir leur attractivité accrue. Dans l’immédiat, la situation étant toujours incertaine, les prix de l’immobilier ne cessent de grimper tandis que les acheteurs aisés potentiels, restent à l’affût d’une éventuelle baisse des prix et de l’évolution de la crise. Cette épargne représente malgré tout, une relance possible pour un marché qui risque d’être victime de cet attentisme.






